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Paroles

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Paroles a venir

Anastasia

Anastasia, je n’ai jamais vraiment connu
D’aussi beaux soupirs
Que les cris béants de ton corps nu

De mes cauchemars, je ne retiens
Que tes deux seins
Quand ils explosent entre mes mains

Anastasia, je n’ai jamais connu
D’aussi belles noyades
Que tes larmes sourdes
Tandis qu’elles pleuvent
Tombent en cascade

De mes envies
De toutes nos nuits
Je dis qu’il faut en faire toute la vie
Enfer et paradis

Anastasia
Aime-moi longtemps
Aime-moi souvent
Aime-moi autant que le diable m’emporte dans le vent

Anastasia,
Je n’ai jamais su faire l’amour
Anastasia,
J’ai préféré tuer toujours

Je prends mon couteau dans la main
Je tire le corps sur le chemin
Et encore ce n’est rien, à côté de mon chagrin

Anastasia, anesthésie, c’est évident
Quand je te prends le soir
Entre le lit et l’accident

Je crie au sourd
Je crie au sang
Le vide a peur du noir autour
C’est un enfant qui t’appelle au secours

Anastasia,
Aime-moi pourtant
Aime-moi vraiment
Aime-moi autant que le diable m’emporte dans le vent

Anastasia,
Ta langue est comme une herbe folle
Elle prend le vent
Et pose caresse sur mon épaule

De toutes les femmes
De tous les hommes
Que j’ai connu
Tu es la seule
À qui j’ai fait
La promesse de vivre nu

Anastasia, je t’ouvre ma peau
Donne-moi la tienne
Il n’y aura jamais
D’autre drapeau, ni d’autre haine

Que le feu saillant de nos deux corps
L’amour à mort avant qu’elle ne vienne
Tu es bien la seule
À pouvoir lui cracher à la gueule

Anastasia…

Au clair de la Terre

Au clair de la Terre
Les jours heureux
Jour de lumière
Au fond des yeux

Chacun, chacune
Rayon de Lune
Devine un cœur
Et fait un vœu

Beauté divine
Horizon bleu
Le goût des vignes
Est fait pour deux

Les uns, les unes
À clair de Lune
Se jettent un sort
Et c’est tant mieux

Un gars sourit
Carte au trésor
Chemin fleuri
Une fille en or

Les uns, les unes
Chacun, chacune
Main dans la main
Et corps à corps

Et moi aussi, je fais la ronde
Et toi aussi, si tu veux bien
L’amour n’est plus très loin, ma blonde
Si tu veux bien…

Prendre mon cœur entre tes mains
Prendre ma vie à chaque seconde
Ma belle, veux-tu bien, s’il te plait…
Oui, alors viens
Viens…

Prendre la mer
Et en une seconde
Rejoindre les terres
Du bout du monde

Chacun sa chacune
Chacun sa dune
Son sable fin
Et son écume

Et moi aussi, je fais la ronde
Et toi aussi, si tu veux bien
L’amour n’est plus très loin, ma blonde
Si tu veux bien…

Prendre mon cœur entre tes mains
Prendre ma vie à chaque seconde
Ma belle, veux-tu bien, s’il te plait…
Oui, alors viens…

Et moi aussi, je fais la ronde
Et toi aussi, si tu veux bien
L’amour n’est plus très loin, ma blonde
Si tu veux bien…

Prendre mon cœur entre tes mains
Prendre ma vie à chaque seconde
Ma belle, veux-tu bien, s’il te plait…
Oui, alors viens…

Alors viens

C’est une merveille d’amour

C’est une merveille d’amour
C’est une histoire sans fin
Quand se révèle au jour
Ton sourire et le mien

Du plus petit bonheur
Au plus grand dans mon cœur

Écoute-le maintenant
Si beau et si troublant
Écoute-le cet enfant
Ce bel amour naissant

Je m’élève et si haut
Dans un rêve et si pur

Que le cœur du monde lui-même
En oublie ses blessures
C’est juste dit, je t’aime
À la fleur de mon armure

Sans misère et sans drames
Sans mesure, nous entraine

Dans ton décor de femme
Et plus encore ma reine
Tu es de l’or entre mes bras
Alors viens, je t’emmène

Dans la lumière bleu azur
Là où le cœur du monde lui-même

Ne parle plus de ses blessures
En oublie ses déchirures
C’est juste dit, je t’aime
D’aujourd’hui jusqu’à l’extrême

C’est une merveille d’amour

C’est une merveille d’amour
Ne me réveille jamais
Si ce n’est pas pareil autour
Mon conseil à tout jamais

Mademoiselle exceptionnelle
Mon miel, ma douce, mon ciel, ma belle

Courant d’air

Couper ton herbe sous mes pieds
M’imaginer dans un lance-pierres
Tu as su faire, en février
Avec l’art et la manière

C’est en mars, je crois, et des poussières
Que tu m’as évaporé
Vent debout, vent arrière
Tu nous auras fait vriller

Depuis,

Je suis dans un courant d’air
Je claque des dents
Je suis au bord
Mes doigts me serrent
Et je tremble

Je suis un garçon glacé
J’en ai ma claque, de l’hiver
Comme à chaque fois que je décembre

Je suis nu comme un ver
Et j’octobre dans la rue
L’hémisphère nord me désespère
Alors, je souffle
Pour chauffer ma place
Glace fondue
Sinon je suis foutu

Avril, mai, juin
Les mois défilent
Et je rejoins celui des fous
Juillet, août, septembre
Le temps file
Jusqu’au mercredi des cendres

Le mois du blanc
Je tire sur la corde, file un mauvais coton
Évidemment
Et si je m’habille monocorde, ton sur ton
C’est dans un linge sale de famille

C’est dit…

Je suis dans un courant d’air
Je claque des dents
Je suis au bord
Mes doigts me serrent
Et je tremble

Je suis un garçon glacé
J’en ai ma claque, de l’hiver
Comme à chaque fois que je décembre

Je suis nu comme un ver
Et j’octobre dans la rue
L’hémisphère nord me désespère
Alors, je souffle
Pour chauffer ma place
Glace fondue
Sinon je suis foutu

Je suis nu…

Cueillir une fleur

Je cueille une fleur
Je l’effleure, à peine
L’amour me fuit
Ma vie me saigne

Il y a ma peur, sans un espoir
Lorsque mon cœur devient le soir
Lorsqu’à toute heure je vis la nuit
Je bois le silence et j’oublie

Il y a mes yeux tombés au sol
Lorsqu’après nous deux, je reste seul
Lorsque le flou danse…

Je creuse autour de mes tranchées
Le trou béant qui m’a vu naître
L’enfant perdu plonge à tue-tête
Il sera temps de lui faire sa fête

Soudain le feu, cette fille étrange
Mon sang se fige, il en faut peu
Et je m’étrangle
Mon père, si tu savais comme je t’en veux

Je cueille une fleur
Je l’effleure, à peine
L’amour me fuit
Ma vie me saigne

Bouquet de cendres
Bouquet de peurs
Je suis celui
Où le diable m’entraîne

Je dors au creux de mes entrailles
Morceau de viande, morceau de peu
Ma voix se tait, ma voix s’essouffle,
Et s’envole entière, sous la mitraille

Je rêve au peu d’air qu’il me reste
Le ventre à terre, sans un seul geste
Et je tremble, encore
Mon père, si au moins tu pouvais être mort

Je cueille une fleur
Je l’effleure, à peine
Ma vie me fuit
Ma vie me saigne

Bouquet de cendres
Bouquet de peurs
Je suis celui
Où le diable m’entraîne

Il y a sous ma peau comme un poison
Le goût de l’eau dans les poumons
Je me vide un peu plus chaque jour
Au moins c’est simple, et sans retour

Il faut dire que de la douleur jusqu’au cri
Le pire, prend la couleur de mon lit
Alors, c’est dit
Mon père, puisses-tu pourrir six pieds sous terre

Je cueille une fleur
Je l’effleure, à peine
Ma vie me fuit
Ma vie me saigne

Bouquet de cendres
Bouquet de peurs
Je suis celui
Où ton diable m’entraîne

De la Terre à la Lune

De la Terre à la Lune
Quand je te prends la main
J’oublie mes infortunes
Tous mes ennuis du lendemain
Lorsque s’efface autour de moi la pluie, le vent
La vie qui prend son temps
De me faire croire au rêve étrange
D’une vie possible sans toi, mon ange

Alors sans un bruit
Comme un chat
Je suis heureuse

Je n’ai plus peur des grands espaces
Ni même du temps qui passe
Et si j’étais hier un cyclone
Je ne suis plus cette femme en guerre
Éparpillée aux quatre vents
Nourrie logée comme une enfant
Te savoir si près de moi, toujours
M’oblige un peu plus chaque jour

Alors dans la nuit
Comme un chat
Je suis heureuse

Envers et contre tout
Et surtout tout contre toi
Je suis celle qui sait se taire
Qui sait surtout que dans tes bras
Le peu, le fade, mon cœur de pierre
Tombent en cascade jusqu’en enfer
Je n’ai vraiment plus rien à mourir
Plus de colère, juste un sourire

Alors je te le dis
Comme un chat
Je suis heureuse

Dans la lumière de tes grands yeux
Dans tout ce que j’ai de mieux à faire
Je plaide capable d’une croix de bois, d’une croix de fer
Sortir de l’ombre
Je suis certaine de pouvoir changer d’air
Quitter enfin ma mine sombre
Et je te jure que sous ma nouvelle auréole
Tu seras celui qui à coup sûr aura le plus beau rôle

Alors aujourd’hui
Je te le dis
Je suis heureuse

J’ai vu

J’ai vu la terre du bout du monde
J’ai vu cette prairie en faillite
J’ai vu la bombe
La dynamite

J’ai vu la mer en catastrophe
J’ai vu le ciel en noir et blanc
J’ai vu comment les philosophes
Ne s’habillent plus qu’en basse étoffe
Ne finissent plus qu’à ne faire rien d’autre que rire, simplement
Et puis bof
Écrire par terre
Salir les murs
Un jour se taire
L’autre un murmure

J’ai vu la guerre du bout des yeux
J’ai vu la chienne
Le pire, la haine
S’entredétruire
Pour vivre à deux

J’ai vu la paix comme on fait croire
Aux enfants roi
Qu’ils sont parfaits
Pourtant j’ai vu ce drapeau blanc
Ne plus savoir flotter aux vents
Dimanche, lundi, dis-moi comment
Mourir par terre
Ou contre un mur
Dessine au sol un arc-en-ciel
Pas même un cœur artificiel

Aime-moi pourtant
Aime-moi longtemps
Aide-moi autant que le diable
M’emporte dans le vent

J’ai vu la pluie, j’ai vu l’acide
J’ai vu le désert en pagaille
La pierre qui tombe
J’ai vu la faille

J’ai vu le monde entier pleurer
Couler, verser deux ou trois larmes
Ce n’est pas faute d’avoir tiré
Sur la sonnette, le signal
Au croisement c’est le clash en somme
Notre histoire fâche, histoire banale
À bord du train où vont les roses
L’alarme ne sert plus à grand-chose

Aime-moi pourtant
Aime-moi longtemps
Aide-moi autant que le diable
M’emporte dans le vent

Aime-moi pourtant
Aime-moi longtemps
Aide-moi autant que le diable
M’emporte dans le vent

Je te dis vous

Le doute s’installe quand je te dis vous
Le doute s’installe c’est sûr entre nous
Je tousse, hésite et même quand je te dis je t’aime
Je te pousse à dire que c’est un problème

La route s’efface quand je te dis viens
La route s’efface à mesure du chemin
Ma douce es-tu certaine de vouloir continuer
Car c’est dans la brousse que je t’entraine pour t’abandonner

C’est fou comme le temps me presse d’en finir
C’est fou comme je te blesse à sourire
Ma belle, éteins ton cœur s’il te plait
Tu n’es plus celle
Qui bat le mien
Tu n’es plus celle qui me plait

Demain je change de vie, je change d’adresse
Demain j’échange nos caresses et notre lit
Avec celles d’une hirondelle, avec le nid d’un oiseau bleu
Avec cette aile qui t’a pris ton amoureux

La messe est dite alors évite-moi mes serments
La messe est dite et que le diable m’emporte
Mon cœur il faut nous taire, fermer ta porte aux sentiments
Quitter l’enfer et se noyer dans l’eau bénite

Pas de défaite ni de conquête mais simplement
Un air de fête, une chose de faite en remplaçant
Mon amour pas éternel par un amour au conditionnel
Et la roue tourne jusqu’au prochain débarquement

Cara mia, c’était toi c’était moi
Mais aujourd’hui c’est à minuit que je m’en vais
Voyage à Naples, en Italie
Week-end à Londres et à Paris
Je ne suis plus qu’une ombre dans ta vie
Et tu le sais

L’oiseau

Je suis un oiseau ivre
Je suis une aile
Posée sur le vent
En équilibre

Je suis du ciel
Inaccessible
Et pourtant, si souvent
Je perds le fil

Je ne suis rien d’autre
Qu’un petit bout de cœur
Ce petit bout de plume
Qui d’un souffle s’envole

Et l’oiseau se meurt
Sous le poids d’une enclume
Il se noie dans un verre
Et s’enterre sous la dune

Pardonnez-moi d’aimer comme au premier jour
De vouloir le garder, comme un dernier amour

Je suis un parfum
Une douceur timide
La rosée du matin
Mais, dans mon œil humide

Je pleure l’horizon
Nos sourires fanés
Je cueille une chanson
Et la pose à ses pieds

Pardonnez-moi d’aimer comme au premier jour
De vouloir le garder, comme un dernier amour

Ce n’est plus la peine d’être un soleil
Il ne me voit plus, je le sais bien
Et pourtant…
Dès demain il me dira que je suis toujours celle de sa vie, c’est comme ça
C’est sa manière à lui d’être là

J’étais son petit bout de sucre
Le miel et l’envie
De la peau délicieuse
Mais, silencieuse aussi

Quand sur le bout de sa langue
Et de ses doigts malheureux
Il m’étrangle et m’oublie
Et disparaît peu à peu

Pardonnez-moi de l’aimer comme au premier jour
De devoir le quitter aujourd’hui, mon amour

Dans mon ciel
De plus belle
Je m’envole

Je m’envole

La complainte du vieux prisonnier

J’avance sur des chemins perdus
Un pas en arrière, un pas de plus
Et quand je danse, je tombe

J’avance, et cours derrière mon ombre
Un pas de côté, un pied dans la tombe
Et quand j’y pense, c’est sûr…

Triste le vent
Triste les jours
Aux quatre coins de mes amours mortes
Ma liberté est enchaînée

Glisse le temps
Glisse et toujours
Aux quatre saisons des amours fortes
Ma liberté est ignorée

J’invente sur des chansons perdues
L’histoire d’un homme qu’on ne connaît plus
De son enfance, jamais vécue

J’invente sur des musiques anciennes
L’histoire d’une femme à jamais mienne
Une présence, si peu connue

Trouver les mots, trouver les poèmes
Vivre le beau, et dire je t’aime
En liberté

À gorge pleine
Comme un idiot
Courir la plaine
Et pour de faux

Ivre du vin qu’on n’a jamais bu
Libre de vivre à corps perdu
J’imagine

Sentir le chaud, le goût des fleurs
Battre le ciel tant qu’il est haut
De mes deux ailes, clandestines

Je ne suis rien d’autre qu’un vieil homme
Un prisonnier, comme il y en a des tonnes
Et si demain mes barreaux s’ouvrent, enfin
Je m’envolerai comme une seule âme

J’invente sur des rythmes faciles
Un jeu pour les garçons et les filles
Prends-moi la main

Je revois ma mère
Je revois mon père
Je refais le chemin à l’envers
C’est mon refrain

Et si je cogne, et si je blesse
Et si le chien tire sur sa laisse
Pour la liberté

On le tape et on le frappe
Il grogne, on l’attache
Et sans cesse
On lui casse son os
Pour le faire plier

Je ne suis rien d’autre qu’un grand-père
Un condamné comme il y en a tant sur terre
Et si demain mes barreaux s’ouvrent, enfin
Je m’en échapperai, comme un gamin

Je dessine aux murs et sur le sol
Ma triste aventure, histoire sans paroles
Sans liberté

L’erreur d’un juge et de ses jurés
Mettre un point d’honneur à me condamner
Sans hésiter

Ont fait de moi un homme en cage
Celui dont on ne sait même plus dire l’âge
À 100 ans près

Et s’entendre dire : « Tiens bon, courage !
Les minutes les pires vont arriver… »
À perpétuité

Je ne suis rien d’autre qu’un prisonnier
Un très vieil homme abandonné
Et si un jour mes barreaux lâchent, enfin
Je m’en irai où le plus loin se cache

Et si mes barreaux s’ouvrent enfin
J’irai mourir en liberté !

Léa

Il y a souvent une belle histoire qui se raconte
Quand il n’y a plus rien à se dire
Un mot de près, un mot de loin, le seul qui compte
Le mot d’après c’est : le souvenir

Il y a l’image que l’on retient du bout des yeux
Quand il n’y a plus rien à voir
Une photo de près, une photo de loin
Ton regard
Notre portrait retrouvé au hasard

Il y a aussi ce parfum flou et si curieux
Qui nous revient quand le temps change
Une fleur par ci, un cœur par-là, la bague au doigt
Mon ange
Le flacon se vide, et s’évaporent nos jours heureux

Et c’est trop facile de dire qu’après tout ça, Léa
Tu ne pourras plus jamais rien faire de beau, c’est faux
Ce n’est pas simple de faire avec les hauts les bas, Léa
Mets ton cœur encore au combat
Ô combien il bat bien, fort, bien jour
Autour de toi, Léa, l’amour en pleurs, en creux, encore le faire une dernière fois

Il y a toujours une drôle d’ambiance à la fin du voyage
Quand il n’y a plus rien à vivre
Un mot gentil, un geste facile, une dernière danse
Et là Léa, encore, cet éclair qui nous délivre de l’orage

Il y a il y avait, et le temps est passé
Quand tout à fait vrai, il n’y a plus rien de vrai
Il y a beau se redire un lac, la mer ou bien les océans
Si un poème éclot, c’est en oubliant je t’aime

Mais c’est trop facile de dire qu’après tout ça, Léa
Tu ne pourras plus jamais rien faire de beau, c’est faux
Ce n’est pas simple de faire avec les hauts les bas, Léa
Mets ton cœur encore au combat
Ô combien il bat bien, fort, bien jour
Autour de toi, Léa, l’amour en pleurs, en creux, encore le faire une dernière fois
Autour de toi, Léa, l’amour sans peurs, en bleu, encore une fois la première fois

Naître des anges

Le vent du soir retient son souffle
Le ciel immense est un espoir
Descend le miel jusqu’à ta bouche
Aussi intense que la nuit noire

La nature dort, et si heureuse
Que nos deux corps ne font plus qu’un
Dehors, la mer est silencieuse
Et à mesure qu’elle va et vient
Viens !
Mords !

Ta braise effeuille ma peau boisée
S’enflamme au jeu de mes caresses
Ni ne se calment, ni ne se blessent
Nos longs baisers sur la falaise

Il y a l’enfant qui naît des anges
Le regard clair posé sur tout
Aussi étrange que soit son sang
Sa vie éclaire l’autre de nous

Les quatre marches vers l’infini
Du pied du sol au paradis
Quand tu m’attaches en bouche à bouche
Quand tu m’affoles, quand tu me touches

La fleur est belle, ainsi soit-elle
Poussée au cœur d’un arc-en-ciel
Bouquet de peurs jeté au feu
Ne reste rien d’autre qu’un homme heureux

La neige est fraîche
Montagne blanche
Suivre les flèches
Jusqu’à tes hanches

Si loin de mon ombre

Quand j’insulte la lune
La lune et le silence
Quand j’insulte la plume
Et l’indien qui danse
Quand je t’insulte comme je le pense
Quand je te catapulte hors de la France

Quand je m’effraie, quand je t’efface
Tant il est vrai
Que tu m’embarrasses
Toi,
Tu m’embrasses

Je ferme les yeux
Et au lieu de ça
Je te vois, c’est heureux
De Charybde en Scylla
Je suis amoureux
D’une peau sombre et exquise
Si loin de mes traces
Si loin de mon ombre
Que j’en oublie ma race
Mon drapeau, mon église

Quand je crache un poumon sur ton cœur de danseuse
Quand j’arrache ton jupon de boxeuse ridicule
Quand je crie majuscule les deux lettres en insulte
Quand je sculpte PD sur ton étoile de traitre

Quand je m’effraie, quand je t’efface
Tant il est vrai
Que tu m’embarrasses
Toi,
Tu m’embrasses

Je ferme les yeux
Et au lieu de ça
Je te vois, c’est heureux
De Charybde en Scylla
Je suis amoureux
De mon mec, d’une cerise
Si loin de mes traces
Si loin de mon ombre
Que j’en oublie ma place
Mes réflexes, ma devise

Quand je baisse le regard, quand j’ignore le trottoir
Quand je laisse au hasard décider de ton sort
Quand la mort étincelle, quand mon fric s’amoncelle
Quand je flique la misère, le clochard, la poubelle

Quand je m’effraie, quand je t’efface
Tant il est vrai
Que tu m’embarrasses
Toi,
Tu m’embrasses

Je ferme les yeux
Et au lieu de ça
Je te vois, c’est heureux
De Charybde en Scylla
Je suis amoureux
De ma belle cendrillon
Si loin de mes traces
Si loin de mon ombre
Que j’en oublie sur place
Ma Rolex, mon pognon

Quand je tourne la tête, quand j’ai peur quand je fuis
Quand le moteur s’arrête et qu’à la place de la vie
Ton regard immobile, ton fauteuil inutile
Me rappellent que partir grandirait mon nombril

Quand je m’effraie, quand je m’efface
Tant il est vrai
Que tu m’embarrasses
Toi,
Tu m’embrasses

Je ferme les yeux
Et au lieu de ça
Je te vois, c’est heureux
De Charybde en Scylla
Je suis amoureux
D’une moitié de corps
Si loin de mes traces
Si loin de mon ombre
Que j’en oublie la menace
Que j’en veux encore

Sur la dune

Dors avec les mouches
Mon amoureux
Moi, je me couche
Dans un lit soyeux

Fais l’insecte mort
Si ça te plait
Moi, je me désinfecte encore

Je te descends sur la dune
Et te recouvre de sable blanc
Car je me sens capable enfin
De t’endormir sous la lune

Respire un peu moins fou
Si tu le peux
Moi, c’est le flou
Que je vois dans tes yeux bleus

Fais ta tête de mort
Si ça t’amuse
Tes bêtes remords ne feront jamais mes excuses

Je te descends sur la dune
Et te recouvre de sable blanc
Car je me sens capable enfin
De t’endormir sous la lune

Tragique avec la bouche
Si tu le veux
Moi, je me boucle les deux oreilles
Et c’est heureux

Je t’enterre sous la dune
Et je découvre enfin
Sous cette eau salée nocturne
Le goût sucré de mon chagrin

Tu dors avec les mouches
Mon amoureux
Et moi je me couche enfin
Dans un lit joyeux

Te plaire encore

Il y a sur ma joue une cicatrice
Un trait noir gravé au feutre
Le souffle coupé d’un amour factice
Le chagrin emporté
D’une histoire de meurtre

Il y a à ma fenêtre un éclair de brume
Un cri noir chanté à l’acide
La bouche écorchée d’avoir hurlé la veille
Devant ton regard éclairci

Il y a à ta première phrase, à ta merci, un silence absolu
La main noire et un cœur tendu
De l’encre vaine en signe d’épitaphe
Et lire en travers que ton chemin m’efface

Il y a sous le vent le poison de ma peine
Un sang noir dans un cristal de bohème
Mes veines, étouffées au souvenir de ta peau
Etranglées au garrot d’un été blême et glacial

Il y a dans nos murs un secret dissonant
Un œil noir et trouble
Une rumeur un murmure
Il y a mon cœur qui bat et s’arrête
À ton horizon meurtrier
Quand tu rejoins d’un seul pas, en dansant
La promesse de cet homme enchanté

Il y a aussi mon naufrage de confondre la rivière et le fleuve
L’appétit d’un mille-pattes et les grands bras d’une pieuvre
Une histoire de flocons, de sentiers misérables
Jusqu’à l’oiseau qui tombe du souvenir d’un arbre

Il y a chaque retard, chaque seconde comme autant d’handicap
Chaque fois qu’un chat s’écorche et retombe sur ses pattes

Il y a dans la boue cachée, dans l’argile, un fossile
Un regard, une aubaine
Le souvenir d’un soleil
Aujourd’hui
À la place du sommeil
Il y a sous mon lit, hagard, inutile
Dans un puits sans amour
Le froid d’un peu de haine
Et toujours se coucher sans un drap qui protège
Et toujours se lever à l’heure macabre
Des premiers testaments
Comme si la fin des beaux jours
Était écrite sur le marbre la neige et le vent

Il y a posé au sol
En ciel d’orage et tapis sombre
Un nuage noir dessiné à la bombe
Il y a le peu, la peste, la peur, et l’épine
Et ce peu qu’il me reste en meurt et tombe en ruine

Il y a enfin l’adieu, la fracture
L’œuvre au noir des amants diaboliques
Il y a cet ange au fond de vos yeux
La signature déjà écrite

Alors,
Dans la pierre
Sous le feu
Pendu aux crochets d’un pire enfer
Je m’arrache peu à peu
Ongle à ongle
Vie à vie
Et mort à mort
À cet espoir étrange et perdu
De te plaire encore

Tourne le vent

Ce n’est pas vraiment le jour
Ce n’est pas vraiment la nuit
Et si les chiens aboient autour
C’est parce que, eux aussi auront senti

Que tourne, tourne, tourne, tourne le vent
Et se retourne, retourne, retourne, retourne mon sang
C’est l’amour qui ne dit plus grand-chose
Et se taire, et toujours
Porte close

Et un peu plus fort
Je voulais les bouquets de l’amour avec toi
Et un peu plus haut
Je voulais le ciel bleu dans tes yeux
Mais pas toi

Ce n’est pas vraiment du blanc
Ce n’est pas vraiment du noir
Et si le jeu autour reprend
C’est juste un jeu, pas un espoir

Que tourne, tourne, tourne, tourne le vent
Ni se retourne, retourne, retourne, retourne mon sang
C’est l’amour qui ne dit plus grand-chose
Et se taire, et toujours
Porte close

Et un peu plus fort
Je voulais les bouquets de l’amour avec toi
Et un peu plus haut
Je voulais le ciel bleu dans tes yeux
Mais pas toi

Et un peu plus fort
Et un peu plus haut
Je voulais avec toi

Et un peu plus haut
Et un peu plus fort
Je voulais, mais pas toi

Tra la la la la lère

Je ne suis pas celui que l’on croit
Ni même encore mieux celui que l’on voit
Je suis toujours celle
À qui l’on dit non
Jamais vraiment oui
Encore moins pourquoi pas

Je ne suis même pas sûr
D’être un garçon
D’être certain
D’être quelqu’un
D’être celui
Que l’on dit être
Au féminin

Et tra la la
La la lère
Vive la vie, mon enfer
Tra la la manquer d’air
Et mourir d’être celle
D’un été glacial
D’un crime
D’une histoire bancale
D’un carnaval bizarre
Cette infirme
D’une vie au hasard

Il était une fois je vais et je viens
Pour un oui pour un non
Ça ou ça
Me va bien

Je ne sais même pas si
Je dois faire long
Je dois faire court
Je dois faire celle
Qui fait le blond
Qu’on dit ne pas faire
Le bon parcours

Et tra la la
La la lère
Le visage en carafe
Tra la la la poussière
Dans mon œil une agrafe
Le nu intégral
Et bim !
Dans un vrai beau regard méchant sale
D’un geste fatal, dare-dare
La victime d’une vie au rasoir

Tra la la
La la lère
À l’endroit, à l’envers
Tra la la la vipère
Le corbeau et l’hiver

Et une dernière fois

Tra la la
La la lère
Sous ma peau le désert
Tra la la la sorcière
Le couteau et la pierre
Un écran total
Un masque
Et la morsure tragique
De cette glace, ce miroir
Qui le seul me regarde
Et me glace

Qui d’un seul regard
À la place
D’un linceul dans le noir
Me fracasse

Il était une fois
Il n’était pas moi

. Olivier Dargellès .

Écouter


Boutons fantomes

.

© Dargomaniac 2019

Je remercie les musiciens :

Nicolas BOQUET batterie
Antoine CESARI piano
Olivier COPADO guitare / basse
Dargo Man guitare / tambourin
Jérôme DEL TORO guitare
Ju de Fruits guitare
Olivier MORETTI guitare
Axel POJAGHI violoncelle
TIROOTS guitare
Radia ZEGHARI guitare

Olivier